Déroulement du Concours 

Premier jour le ¼ de Finale – 66 candidats

Deux verres de verre de vin, trois verres noirs pour les spiritueux et 18 minutes, en tout, pour se livrer à une dégustation complète et ensuite à une identification : les premières épreuves du 16e concours ASI du Meilleur sommelier du monde ont débuté de manière très classique pour les soixante-six candidats.

Libres de choisir leur place, certains en fonction de la lumière, d’autres par rapport à la soufflerie du chauffage, ils ont débuté cette épreuve une fois qu’appareils photos, caméras et autres smartphones ont disparu de la salle.

Puis après une courte pause le questionnaire était distribué. Un pavé de 23 pages à négocier en une heure. Et puis c’était tout pour ce premier jour. Mardi matin, tous seront confrontés à la partie technique de la sélection et dans la soirée on connaîtra les noms des demi-finalistes…

D’une première matinée de sélection intense (dégustation, identification et questionnaire de connaissance générale) à une suivante marquée par un seul exercice d’une durée maximale de deux minutes : voilà pour la réalité du 16e concours ASI du Meilleur sommelier du monde.

Deuxième jour suite du¼ de Finale – 66 candidats

Car ce mardi matin, toujours dans les locaux de l’Elisabeth Center, mieux valait-il savoir faire preuve de patience. En effet, le comité technique, suivant ainsi la volonté de Gérard Basset, avait décidé que l’épreuve de service serait notée par un seul et même jury. On était loin des ateliers identiques menés au pas de charge par trois ou quatre jurys simultanément. Un choix louable salué par les candidats ainsi assurés d’être notés avec la même précision par les deux mêmes hommes. En l’occurrence deux Meilleurs sommeliers du monde : le Français Serge Dubs et le Suédois Arvid Rosengren.

Mais cette équité a un prix… Car avec 66 candidats il allait falloir plusieurs heures avant d’en finir. Et comme il était impossible de prendre le risque de voir les candidats communiqués sur le contenu de l’atelier. Résultat, tous sont entrés en  »conclave » à 8 h 45 et le dernier n’a quitté la salle qu’à 15 h 10 au moment d’aller découvrir les éventuels pièges tendus. Tout cela en respectant l’ordre du tirage au sort effectué vingt-quatre plus tôt.

Plutôt chanceux, le candidat français David Biraud avait tiré le « 2 ». Son homologue suédois qui figure aussi parmi les sérieux prétendants au titre, Frédérik Lindfors était l’avant-dernier de la liste…

Service et commercialisation à la fois

Voici ce que disait précisément la consigne donnée à chacun : « On voudrait une bouteille de riesling sec. Pouvez-vous nous servir un Schloss Vollrads riesling trocken 2018 ». Une opération à réaliser en 120 secondes. Rien d’insurmontable en soi d’autant plus que cette bouteille est fermée par un bouchon de type Vinolok, donc en verre. Peu nombreux ont été les candidats perturbés. En revanche, ils ont été plus nombreux à ne pas parfaitement l’aspect commercial d’une situation particulière. En effet dans la vasque conservant à bonne température les trois bouteilles mises à leur disposition, aucune n’était du millésime 2018 et surtout une seule correspondait à l’attente des deux clients.

Il fallait donc les convaincre de choisir un millésime sans perdre un temps précieux…

Cette étape a conclu la première phase du concours. Ce mardi soir, au cours d’un diamond cocktail, les noms des demi-finalistes seront connus.

Annonce des 19 candidats sélectionnés pour les ½ finales

A la patience succèdera la déception pour beaucoup. Et pour ceux appelés à poursuivre l’aventure ce mercredi matin, il faudra se préserver de toute première euphorie…

3ème jour – ½ Finale – 19 candidats

Les 19 candidats restants vont plancher sur les deux étapes de la demi-finale. La phase théorique avec un ensemble de onze questions à gérer en trente minutes. Et les premières n’étaient pas les plus importantes. Il fallait donc gérer ses priorités.

Ensuite les 19 candidats ont enchaîné deux familles d’ateliers. Un autour de la dégustation, de l’identification et de l’accord avec un mets, en l’occurrence une tarte au caramel et chocolat.

Le second autour du service avec carafage de vin blanc et du management d’une opération de communication destinée à faire mieux connaître les vins de Géorgie aux sommeliers membres de la Guilde belge.

4ème jour – Annonce des 3 finalistes et Grande Finale en Public

Tous les Participants, soit 66 sommeliers sont invités sur scène dans cette immense salle pour recevoir leurs diplômes.

Puis, ne reste sur scène que les 19 demi-finalistes, ensuite une cruelle période débute avec l’annonce un à un des noms des candidats qui ne sont pas retenus pour la « Grande Finale », le nombre diminue les visages se crispent. Il ne reste sur scène que 4 candidats et le nom de Julie Dupuy représentant l’Irlande est annoncé et ne reste sur le podium que les 3 Finalistes, reste maintenant à vivre cette finale et à connaitre le classement et le nom du Meilleur Sommelier du Monde 2019 ASI.

La Finale sur scène en public – 3 candidats

Dans le rôle d’un client avec trois amis, le sommelier suisse Paolo Basso demande d’abord deux verres de Sauternes et une bière belge typique. Problème : il n’y a pas de vins doux bordelais derrière le bar. Première candidate Nina Hjgaard Jensen propose en alternative de remplacer le vin doux par un vin sec girondin. Les clients préfèrent un autre liquoreux, le vin sud africain Klein Constatia. Pour garder le vin frais, une cliente demande des glaçons. Pour finir, Nina Hjgaard Jensen recommande des snacks. Passant en deuxième, Raimond Tomsons nettoie consciencieusement les verres et prend soin de faire goûter le vin auparavant de le servir. Rattrapé par le temps, il n’a pas le temps de servir la bière et semble visiblement déçu d’avoir perdu son contrôle du temps et de l’épreuve. Ayant attendu deux heures « dans le sous-sol », Marc Almert goûte le vin de Constance avant de le servir, tout en omettant pas de proposer au jury de le goûter. Avec un sang froid hors pair, le sommelier assure le service de la bière et du liquoreux en expliquant leurs particularités, mais n’a pas le temps de servir le vin dans le verre rempli de glaçons.

Le deuxième exercice est une description organoleptique complète d’un vin rouge inconnu, en trois minutes, demandée par la critique anglaise Jancis Robinson. Raimond Tomsons avance qu’il s’agit d’un vin autrichien, un Blaufränkisch du Mittelburgenland, millésime 2012, dont il estime le prix de vente à 30 euros. Pour Marc Almert, il s’agit d’un Saint-Émilion, « du niveau de qualité d’un grand cru classé, comme Canon La Gaffelière ».

Le troisième test est la décantation et le service d’une bouteille de Vega Sicilia Único Reserva Especial en six minutes. Dans le feu de l’action, Nina Hjgaard Jensen fait tomber un verre et recommence son épreuve, qui se poursuit sans incident. Les candidats doivent répondre à trois questions sur cette cuvée : quelle est sa particularité (un assemblage de trois millésimes de la propriété de la Ribiera del Duero), quels sont les millésimes de l’édition 2016 (1996, 1998 et 2002) et quand cette cuvée a été lancée (1965). « Honnêtement, je n’ai jamais goûté ce vin. Merci messieurs pour avoir commandé cette adorable bouteille » laisse échapper Marc Almert, sous les rires de l’audience.

Le quatrième exercice est une dégustation à l’aveugle de quatre vins, qui doivent être reconnus et assortis de conseils d’accords mets et vins en quatre minutes chrono. Nina Hjgaard Jensen reconnaît un vin blanc du Rhône, un chardonnay sud-africain, un Xérès et un Madère. Raimond Tomsons propose un grenache/viognier du Rhône, un sangiovese de Toscane et un tokay. Pour Marc Almert il s’agit d’un riesling autrichien, d’un Rioja reserva, de Xérès et d’un Madère. Emblématique, cet exercice est particulièrement ardu avec le développement mondial de la viticulture 

La cinquième épreuve consiste à proposer des accords mets et vins pour un menu gastronomique, en changeant à chaque fois de pays d’origine. Le tout en trois minutes. Nina Hjgaard Jensen comme Raimond Tomsons n’ont pas eu le temps de finir l’épreuve.

Le sixième test est plus ludique, avec le nom de 24 cuvées inscrites sur des magnets, qui doivent être posés sur des tableaux en fonction de leur cépage principal. « Ça, c’est amusant » s’exclame Nina Hjgaard Jensen. Dans le match, les deux autres finalistes affichent davantage la concentration que le divertissement dans leurs regards.

La dernière épreuve est une dégustation à l’aveugle de dix spiritueux blancs, dont le nom et le pays doivent être devinés en 3 minutes. Sont cités par les concurrents aquavit, eau-de-vie de cerise, génépi, gin, grappa, mezcal, pastis, pisco, saké, tequila, vodka…

L’ultime épreuve, les 3 candidats sont invités à revenir sur scène.

Après avoir enchaîné toutes ses épreuves ils vont devoir servir un magnum de vin effervescent en remplissant le bon niveau de vin dans chaque verre sans pouvoir revenir en arrière sur les verres précédents.

Tous trois sur scène, Marc Almert (Allemagne), Raimond Tomsons (Lettonie) et Nina Hjgaard Jensen (Danemark) doivent chacun remplir 16 verres avec un magnum de vin effervescent italien (Villafranca rosé, Franciacorta). « Chaque verre doit recevoir la même quantité, vous ne pouvez pas revenir en arrière une fois qu’un verre est rempli et vous devez vider la bouteille. Vous avez cinq minutes » précise Jon Arvid Rosengren.

A la suite de toutes ses épreuves,

L’Allemand Marc Almert est sacré Meilleur Sommelier du Monde 2019,

Nina Hjgaard Jensen représentant le Danemark termine deuxième et

Raimond Tomsons (Meilleur Sommelier d’Europe 2017) pour la Lettonie, Troisième.